La place des médecins, des psychologues, face à la mise en place d’agence privées qui organisent ces GPA aux USA.

Roger Henrion est gynécologue-accoucheur des hôpitaux de Paris, membre de l’Académie de médecine, coordinateur du rapport de l’Académie de médecine consacré à la gestation pour autrui, rapport présenté en mai 2009. Roger Henrion précise au préambule du rapport que «La démarche de GPA se situe sur un terrain différent des autres modes d’assistance médicale à la procréation. Ce n’est pas un progrès scientifique. C’est un changement complet et inédit de relations humaines». Dans ce changement complet et inédit des relations humaines, on peut se demander ce qui motive les mères porteuses dans leurs actes.

mere-porteuse.us

Valérie Gans est écrivain, auteur actuellement de huit romans dont L’enfant des nuages, paru aux éditions Payot en 2009, roman sur la gestation pour autrui.L’écrivain Valérie Gans pour sa part s’est imprégnée de plusieurs faits, notamment le recours en justice en 2007 de parents d’intention ayant réalisé une GPA en Californie. Ces parents se sont retrouvés avec un enfant considéré comme orphelin et clandestin en France, au regard de la justice. Valérie Gans fait dire à Clotilde, mère porteuse dans son roman: «Je ne le faisais pas pour l’argent, même si les 18 000 dollars que j’allais toucher représentaient pour nous une grosse somme. Moi ce que je faisais, c’était un don. Et je n’attendais rien en retour.» Les quelques études existantes montrent en effet que les motivations premières des mères porteuses sont, dansl’ordre, l’altruisme, le désir d’être enceinte et l’intérêt financier. «La mère-porteuse ne doit pas avoir le sentiment d’attendre “son” enfant, tout en étant enceinte. Elle n’a pas de projet parental. Curieusement, ce comportement est à rapprocher du déni de grossesse. Mais dans ce cas, il s’agit en réalité d’un déni de maternité» explique Roger Henrion. Si dans le roman de Valérie Gans, les parents d’intention ne souhaitent pas entrer en contact avec la mère porteuse, dans la réalité, c’est plutôt l’inverse. La mère-porteuse est également appelée "nounou". Elle est en contact régulier avec les parents d’intention. Ces relations s’espacent au fil du temps. «Il est encore trop tôt pour savoir si les enfants issus de cette technique souhaitent renouer avec la gestatrice» affirme Roger Henrion. «Ce qui est certain, c’est qu’au regard des études réalisées, ces enfants se développent normalement». En revanche, il est nécessaire que les parents d’intention soient accompagnés psychologiquement. Comme l’écrit Valérie Gans sous les traits de Lola, la mère d’intention: «Je ne parviens pas à me faire à l’idée que cette enfant, que je n’ai pas portée dans mon ventre, cette petite fille que je n’ai pas mise au monde est bien la mienne, la chair de ma chair, mon petit bout à moi. Il me manque neuf mois.» «Là est toute la difficulté» explique Roger Henrion. On ne naît pas mère, on le devient; on le devient notamment en portant son enfant.